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Les autorités sénégalaises encouragées à ratifier deux instruments internationaux pour renforcer la protection des droits de l’homme

21 mai 2013
El hadj Abdoulaye Seck

Favoriser l’appropriation et encourager la ratification par le Sénégal de deux instruments internationaux importants pour la mise en œuvre des droits de l’homme, tel est l’enjeu du séminaire qui s’est ouvert ce matin à Dakar en présence de Mame Gor Diouf représentant la Ministre de la Justice, Macoumba COUME représentant la Présidente du Conseil économique, Social et environnemental. La cérémonie a été présidée par Me Djibril WAR président de la Commission des lois, de la décentralisation et des droits humains de l’Assemblée nationale.

Pendant deux jours, une cinquantaine de participant(e)s parmi lesquels 25 député(e)s de l’Assemblée Nationale ainsi que différents représentants des ministères et de la société civile seront sensibilisés aux obligations et aux devoirs découlant de la ratification par le Sénégal du protocole facultatif se rapportant au pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels (PF-PIDESC) et du second protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques visant à abolir la peine de mort (2ème PF-PIDCP).

« En ratifiant ces deux instruments, le Sénégal ferait un pas supplémentaire dans son engagement en faveur du respect des droits de l’homme » a déclaré Andrea Ori, Représentant régional du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme pour l’Afrique de l’Ouest. «  Il s’agit concrètement de renforcer l’architecture qui s’est mise en place depuis la déclaration universelle des droits de l’homme qui proclamait haut et fort l’universalité, l’égalité et l’indivisibilité de tous les droits. Or, si des progrès importants ont été faits pour le respect des droits civils et politiques, les droits économiques, sociaux et culturels qui y sont étroitement liés n’ont malheureusement pas toujours reçu la même considération. »

Les droits économiques, sociaux et culturels comportent notamment les droits au travail, à la santé, à l’éducation, à l’alimentation, à l’eau, à l’assainissement, au logement et à la sécurité sociale, ainsi que le droit de prendre part à la vie culturelle. Ils sont essentiels pour vivre en toute dignité, sécurité et liberté. Si le Sénégal a adhéré au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), la ratification du protocole facultatif - entré en vigueur le 5 mai 2013 - permettrait des avancées significatives dans la défense de ces droits.

Pour Seydi Gassama, directeur d’Amnesty International Sénégal, « Ce Protocole marque un tournant historique pour les droits économiques, sociaux et culturels en ce qu’il instaure un mécanisme de traitement des plaintes qui, pour la première fois, permettra aux victimes de violations de leurs droits n’ayant pas obtenu justice dans leur propre pays de saisir les Nations unies à travers le Comité des droits économiques, sociaux et culturels, un groupe indépendant de 18 experts. Ce comité adressera des recommandations aux gouvernements concernant les mesures à mettre en œuvre en réaction à ces plaintes. »

L’autre instrument qui sera abordé lors du séminaire sera le second protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques visant à abolir la peine de mort. Le Sénégal a déjà aboli la peine de mort en 2004 sans pour autant ratifier le protocole. Ce séminaire offrira l’opportunité de sensibiliser les autorités étatiques et parlementaires sur la nécessité pour le Sénégal de formaliser son engagement international par la voie de la ratification.

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