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"Nos compétences en gestion foncière et forestière doivent être renforcées"

13 juillet 2013
Mouhamadou Moustapha Diagne

Amnesty international Sénégal (AI Sénégal) en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer a déroulé les 1er et 02 Juillet 2013 un séminaire de formation des élus locaux à la résolution pacifique des conflits pour la promotion de la paix en Casamance et le respect des droits humains dans la localité de Bignona. Cette formation a été suivie d’un forum radiophonique dans la communauté rurale de Kataba 1.

La formation s’est déroulée dans un contexte où les élus locaux notamment les Présidents de communautés rurales (PCR) sont confrontés à d’énormes problèmes relatifs à l’administration et la gestion de leur collectivités locales. Des conflits naissent ça et là du fait de la gestion foncière et forestière et pour lesquels ils n’ont pas forcément des compétences. Les outiller pour une appropriation des compétences transférées relatives à ces deux problématiques et pour une maitrise des techniques de résolution des conflits au niveau local constitue une nécessité absolue aujourd’hui.

La rencontre, présidée par Monsieur Ousmane Thiao adjoint au sous préfet de la localité avec la présence effective de Monsieur Seydi Gassama Directeur d’AI Sénégal, a enregistré la présence d’une trentaine de présidents de communautés rurales du département de Bignona. A la suite de ces deux jours de travaux animés par Monsieur Saliou Sarr formateur en droits humains, les PCR sont désormais convaincu de la nécessité de renforcer d’abord la communication entre les populations de différents villages qui se suspectent et promouvoir les relations entre populations et villages voisins ; de nourrir ensuite le dialogue, la concertation et la négociation pour une résolution pacifique des conflits. Ils soutiennent aussi que la loi sur le domaine national et le code forestier doivent être maitrisées. Enfin ils pensent que les conditions d’édification de la paix passent par le développement de la culture de la paix fondé sur le respect de la vie humaine, la culture de la tolérance, le respect de l’Etat de droit et la résolution pacifique des conflits.

Le 03 juillet 2013, la délégation d’Amnesty International a été reçu par les populations de Kataba 1 dans le cadre d’un forum radiophonique. Kataba 1 est à quelques kilomètres de la Gambie et polarise 35 villages, une zone sensible donc où les populations font beaucoup de transactions commerciales avec ce pays. Elles n’hésitent plus, compte tenu de l’insécurité, d’aller scolariser leurs enfants en Gambie dotée de structures scolaires plus accueillantes, de cantines et salles de classe. La zone est caractérisée par une quasi absence de l’Etat avec des braquages de forces armées appartenant à la rébellion.

Le forum présidé par le sous préfet de la localité a permis aux populations de parler ouvertement du conflit, de partager leurs expériences et vécu du conflit en vue de proposer des solutions. Les riches et enrichissants débats entre les populations, le sous-préfet et le Directeur d’Amnesty international a permis aux populations d’avoir une vue d’ensemble sur la situation du conflit. Ils savent davantage ce qui pousse leurs parents à rester dans le maquis et ont une meilleure compréhension de la position de l’Etat dans ce conflit.

Ils ont ainsi invité l’Etat du Sénégal à intégrer les populations dans le processus de résolution du conflit. Par ailleurs ils souhaitent que la présence de l’Etat dans la zone soit renforcée par la création d’infrastructures afin d’éviter l’exode des populations vers la Gambie.
Enfin ils ont demandé à l’Etat d’arrêter les emprisonnements « arbitraires » de jeunes supposés appartenir au MFDC et de mettre fin aux braquages.

La visite d’une usine de stockage et d’exportation de fruit a mis fin au séjour de la délégation d’Amnesty International.

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