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#AfricaNot4Sale. De jeunes responsables africains lancent une campagne sur la responsabilité des entreprises et les droits au développement

10 avril 2015
assistant presse, Ludovic Laus

<http://www.amnestyinternational.be/...>

Les dirigeants politiques africains et les grandes entreprises doivent cesser de brader l’avenir de la jeunesse du continent et promouvoir de nouveaux modèles de croissance fondés sur le renforcement du pouvoir d’agir des jeunes, le développement humain et les droits humains, ont déclaré Amnesty International et l’Open Society Initiative for Southern Africa (Initiative pour une société ouverte en Afrique australe) vendredi 10 avril 2015, à l’occasion du lancement de leur nouvelle campagne #AfricaNot4Sale à Johannesburg. La table ronde démontera la rhétorique de l’« essor de l’Afrique », qui mise sur la seule croissance économique pour façonner l’avenir, et proposera des modèles alternatifs. Elle réunira 20 jeunes défenseurs des droits humains venus de toute l’Afrique à la Bourse de Johannesburg pour dialoguer pendant deux jours sur la responsabilité des entreprises dans la vie sociale et économique de la jeunesse africaine.

« Les jeunes Africains sont depuis trop longtemps écartés des débats et des initiatives concernant le développement de leur propre continent. Ils assistent au partage du butin de l’Afrique entre les multinationales, avec l’aval de leurs gouvernements – et se sentent trop impuissants et, bien souvent, trop désintéressés pour intervenir. Ces jeunes dépossédés et privés de leur autonomie clament que l’Afrique n’est pas à vendre : #AfricaNot4Sale », a déclaré Simphiwe Dana, grande chanteuse sud-africaine de musique Afro-soul, qui mène activement campagne en faveur de la justice économique et sociale, ambassadrice de la campagne #AfricaNot4Sale.

Les participants à la table ronde sont issus de divers milieux et secteurs représentant toutes les sous-régions du continent africain. Ils viennent du Kenya, de l’île Maurice, du Sénégal, du Ghana, du Nigeria, d’Égypte et d’ailleurs, représentent des structures de jeunes bien établies dans leurs pays respectifs et se mobilisent sur des questions de droits humains. Ils ont entre 20 et 30 ans.

Ce rassemblement mené par les jeunes vise à déconstruire le discours sur l’« essor de l’Afrique », en adoptant un point de vue axé sur les droits humains afin de mettre au jour les contradictions que posent la croissance économique au regard du chômage des jeunes, de leur appauvrissement et des inégalités croissantes qui les touchent.

« Malgré l’euphorie suscitée ces dernières années par les projections concernant la croissance en Afrique, les inégalités, entretenues par un fort taux de chômage et une pauvreté bien ancrée, compromettent le bien-être social et économique des jeunes sur le continent. Cette situation est inacceptable et a des implications considérables sur les droits humains et les libertés fondamentales », a déclaré Edward Ndopu, coordinateur militantisme et jeunesse pour la région Afrique au sein d’Amnesty International.

L’Afrique est le continent qui a la population la plus jeune au monde. Selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, l’âge moyen en Afrique est de 19,7 ans. Ce chiffre tranche avec l’âge moyen dans le monde qui est de 30,4 ans. Bien que représentant une si grande partie de la population de l’Afrique, les jeunes demeurent insatisfaits et dépossédés en termes de droits sociaux et économiques.

L’« essor de l’Afrique » et les autres modèles de développement économique ne prennent guère en compte la forte précarité de la situation de nombreux jeunes gens sur le continent. Selon les Perspectives économiques en Afrique, en moyenne, plus de 70 % des jeunes Africains vivent avec moins de 2 dollars américains par jour, seuil de pauvreté fixé au niveau international.

Parallèlement, c’est parmi les pays africains que l’on est censé retrouver les sept des 10 croissances les plus rapides dans le monde.

« L’on constate une nette déconnexion de la rhétorique sur l’essor de l’Afrique, devenu un discours éculé et dissocié des réalités socioéconomiques du terrain – ce qui permet d’éluder une question essentielle : pour qui croît l’Afrique ? La réponse, nous en sommes convaincus, doit nous porter vers un débat profondément critique et nuancé sur le rôle des acteurs étatiques et non étatiques dans le maintien du statu quo », a déclaré Edward Ndopu.

Complément d’information

L’objectif premier de la table ronde sur la jeunesse en Afrique, qui se déroulera à la Bourse de Johannesburg vendredi 10 avril 2015 et à l’African Leadership Academy samedi 11 avril, est de formuler cinq recommandations qui seront présentées au Forum économique mondial sur l’Afrique en juin 2015, dans le cadre de la campagne menée à l’échelle du continent, #AfricaNot4Sale, pour la responsabilisation des entreprises dans la vie sociale et économique de la jeunesse africaine.

Voir en ligne : http://www.amnestyinternational.be/...

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