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Yémen. La coalition internationale utilise des bombes interdites contre des civils

7 octobre 2015
El hadj Abdoulaye Seck

Des preuves accablantes de crimes de guerre imputables à la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, armée entre autres par les États-Unis, mettent en lumière la nécessité d’ouvrir une enquête indépendante sur les violations des droits humains et de suspendre les transferts de certains armements

Intitulé Bombs fall from the sky day and night’ : Civilians under fire in northern Yemen, ce document se penche sur 13 frappes aériennes meurtrières imputables à la coalition, à Saada, dans le nord-est du Yémen, qui ont fait une centaine de morts parmi les civils, dont 59 enfants. Il livre également des éléments sur l’utilisation de bombes à sous-munitions, interdites par les règlements internationaux.

Amnesty International demande la suspension des transferts à destination des membres de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite qui prennent part à la campagne militaire au Yémen, d’armes et de munitions servant à perpétrer des violations du droit international humanitaire, dont des crimes de guerre.

Ce sont les frappes aériennes de la coalition qui ont causé le plus grand nombre de victimes parmi la population civile durant le conflit au Yémen. La ville de Saada a été la plus touchée par ces frappes.

Le rapport dénonce le mépris flagrant pour la vie des civils dont fait preuve la coalition militaire conduite par l’Arabie saoudite, qui a désigné comme cibles militaires, en violation du droit international, les villes de Saada et de Marran, où vivent des dizaines de milliers de civils.

« Le fait que de larges zones à forte densité de population soient désignées comme cibles militaires et que des habitations civiles soient ciblées de manière répétée montre que les forces de la coalition ne prennent pas les précautions nécessaires pour épargner les civils, comme l’exige le droit international humanitaire », a déclaré Donatella Rovera.

Appels en faveur de l’obligation de rendre des comptes

La semaine dernière, les initiatives du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève visant à ouvrir une enquête indépendante et internationale sur le conflit ont tourné court et une résolution a été adoptée qui appuie la création d’un comité national d’enquête.

Une enquête internationale pourrait être mise sur pied via l’adoption d’une résolution par l’Assemblée générale ou le Conseil de sécurité de l’ONU, ou par le secrétaire général ou le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme agissant de leur propre initiative.

Le rapport, en anglais pour le moment, est disponible sur ce lien https://www.amnesty.org/fr/documents/mde31/2548/2015/en/

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