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Un procès à l’ombre de Hissène Habré

22 octobre 2015
Diarra Dabo

Hussein Habré, coiffé d’un turban et tantôt chapelé à la main, ne cherche nullement à contredire les graves accusations portées contre sa personne. Cette posture, à la limite incompréhensible n’a pas manqué de susciter des interrogations relativement à son identité

Billet de blog rédigé par Diarra Dabo

La Cour d’Assises des Chambres Africaines Extraordinaires a auditionnée bon nombre de témoins depuis le début du procès de l’ancien président du Tchad jugé pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et torture.

Des experts, témoins de contexte, victimes directes ou indirectes témoignent de leurs connaissances ou expériences des faits litigieux .Aussi un conglomérat de spécialistes en diverses disciplines criminelles (archéologues, médecins légistes, experts balistiques et anthropologues) s’est présenté devant la barre en vue d’exposer le résultat de leurs recherches.

Certaines accusations cautionnées par des victimes, illustrées par des traces de sévices, de tortures laissent parfois l’auditoire perplexe. Il en est ainsi de la projection de vidéos dans lesquelles des squelettes humaines d’anciens détenus sont exhumées et exposées en guise de preuve.

Dans son rôle d’assurer le respect de la loi pénale, le parquet spécial sous la direction du procureur Mbacké Fall cherche vaille que vaille à asseoir la culpabilité de l’accusé de par ses interrogations .Dans le même sillage les conseils des parties civiles ne laissent en rade le moindre détail pour faire valoir leurs arguments en vue d’attirer l’attention du président de la chambre Gberdao Gustave Kam.

De leurs cotés, les avocats de Hussein Habré commis d’office, exploitent les incohérences tout en mettant à l’épreuve certains témoins. Parfois même devant le refus de ces derniers de répondre avec exactitude aux questions posées, ils se contentent tout bonnement à dire « Mr le président, la défense en a fini ».

Il est constant que l’auteur présumé d’une infraction pénale cherche à défendre sa cause ou à être innocenté ou tout au moins minimiser sa peine mais en l’espèce. En l’espèce, Hussein Habré, coiffé d’un turban et tantôt chapelé à la main, ne cherche nullement à contredire les graves accusations portées contre sa personne. Cette posture, à la limite incompréhensible n’a pas manqué de susciter des interrogations relativement à son identité.

Jusque là, le président de la Cour Gberdao Gustave Kam a adopté une attitude irréprochable quant à la direction des audiences et la gestion du temps. Il tient toujours à d’ailleurs rappeler que « Hussein Habré bénéficie toujours de la présomption d’innocence »

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