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Marathon des lettres pour Abdoulaye Wade Yinghou

20 janvier 2016
El hadj Abdoulaye Seck

L’année 2014 a été une année record pour Écrire pour les droits : des centaines de milliers de personnes dans plus de 200 pays et territoires ont envoyé 3 245 565 messages de soutien ou d’appel à l’action au sujet des 12 personnes et groupes de personnes victimes d’atteintes aux droits humains.

Amnesty International Sénégal a lancé officiellement la campagne « Ecrire pour les droits », communément appelé Marathon des lettres lors d’une conférence de presse tenue à Dakar, en compagnie de membres de familles de victimes choisies cette année et de militants citoyens.

Pendant la campagne Écrire pour les droits, qui durera cette année du 4 au 17 décembre, des centaines de milliers de sympathisants et de militants d’Amnesty International à travers le monde enverront des lettres, des courriels, des SMS, des fax et des messages sur Twitter afin de demander la libération de militants emprisonnés pour avoir exprimé pacifiquement des opinions dissidentes, de témoigner leur soutien envers des personnes victimes de torture et d’attirer l’attention sur d’autres atteintes aux droits humains.

« Lorsque des centaines de milliers de personnes proclament leur soutien envers un défenseur des droits humains, l’impact est énorme. Cela donne au militant concerné la force de continuer. Cela permet aussi de montrer à ses oppresseurs qu’ils ne peuvent pas commettre leurs crimes en secret et que le monde entier les observe, attendant de voir ce qu’ils feront ensuite. Chaque lettre, chaque courriel, chaque signature que les autorités reçoivent permet de fissurer une armure autrement impénétrable et de réduire petit à petit le pouvoir de ces autorités qui bafouent les droits humains. »

Cette année, nous accordons une attention particulière au cas du jeune Abdoulaye Wade Yinghou, tué lors d’un affrontement opposant des manifestants et la police dans le quartier de Yeumbeul Bène Baraque, dans la banlieue de Dakar. Selon certains témoignages, Abdoulaye Wade Yinghou a été violemment passé à tabac à coups de matraque et de crosse par des policiers lors de son arrestation puis au commissariat de police où il a été conduit. Il est décédé, le soir du 14 juillet 2010, apparemment des suites de ses blessures.

La police a affirmé qu’il était décédé d’un malaise alors qu’une autopsie effectuée à l’hôpital Aristide Le Dantec à Dakar concluait à « une mort à la suite d’une insuffisance cardio-pulmonaires aggravée par (des) coups et blessures avec un (des) objet(s) dur(s) et contendant(s) ».

Cinq ans après son décès, sa famille réclame justice et demande toujours à ce que la lumière soit faite sur les circonstances de ce décès tragique.
Sa famille, présente à la conférence de presse, avait déposé plainte auprès du procureur de la république à Dakar et un témoin a été entendu en juillet 2011 par un juge. Depuis, aucune poursuite n’a eu lieu et la famille n’a pas reçu de réparation.

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