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Sénégal. Pour une loi de protection des défenseurs des droits humains

Discours du président d’AI Sénégal lors du lancement de la campagne "Osons le courage"

18 mai 2017
El hadj Abdoulaye Seck

Monsieur le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice,

Mesdames, Messieurs les ambassadeurs et représentants de missions diplomatiques,

Mesdames, Messieurs les Représentants des organisations internationales, gouvernementales et non gouvernementales,

Chers collègues défenseurs des droits humains,

La campagne mondiale « Osons le courage » que lance Amnesty International, aujourd’hui mardi 16 mai 2017, a pour objectif de combattre la vague d’attaques dont sont victimes les hommes et les femmes qui défendent les droits humains dans un grand nombre de pays dans le monde.

En 2016, selon des chiffres de Front Line Defenders, une ONG internationale qui travaille pour la protection des défenseurs des droits humains dans le monde, 281 personnes ont été tuées pour avoir défendu les droits humains en 2016 contre 156 en 2015.

Même là où l’Etat ne tue pas, les défenseurs des droits humains doivent faire face à des campagnes de dénigrement, de diabolisation et d’intimidation avec notamment la surveillance de leurs communications téléphoniques et électroniques.

Des restrictions étatiques à l’accès aux financements par les organisations de défense des droits humains pour financer leur travail ont été utilisées par beaucoup d’Etats pour réduire au silence les défenseurs des droits humains.

Amnesty International exige des Etats du monde qu’ils respectent les engagements pris lors de l’adoption en 1998 par l’Assemblée Générale des Nations Unies, par consensus et à l’unanimité, de la Déclaration sur les défenseurs des droits humains. Cette déclaration appelle les Etats à reconnaitre le rôle fondamental et la contribution essentielle des hommes et des femmes qui défendent les droits humains et à prendre des mesures efficaces pour les protéger.

Pour assurer cette protection, et d’ici fin 2018, nous appellerons les Etats dont le Sénégal à adopter des lois qui reconnaissent l’importance du travail des défenseurs des droits humains et les protègent contre la violence et toute forme de persécution.

Outre l’adoption des lois, nous demanderons aux plus hautes autorités étatiques (Présidents, Premiers Ministres, Ministres, Membres des forces de défense et de sécurité, Juges, etc.) à reconnaitre publiquement le rôle irremplaçable des défenseurs des droits humains dans la promotion et la protection des droits humains de tous, de s’abstenir de commettre tout acte de violence, d’intimidation, de tenir des propos qui diabolisent, discréditent et dénigrent les défenseurs des droits humains et d’enquêter et poursuivre en justice les auteurs d’actes de violence et d’intimidation à leur encontre.

L’Etat doit non seulement protéger les défenseurs des droits humains contre ses propres agents, il doit aussi les protéger contre les acteurs non étatiques : entreprises, groupes d’opposition armés, groupes et individus dans la société qui perçoivent leur travail de protection des droits humains de tous comme une menace.

Dans les toutes prochaines semaines, notre Coalition, la Coalition Sénégalaise des Défenseurs des Droits Humains (COSEDDH) soumettra aux autorités gouvernementales un avant projet de loi de protection des défenseurs des droits humains qui, nous n’en doutons pas, recevra le soutien attendu.

L’Etat du Sénégal ne peut pas être en reste, au moment où des Etats de plus en plus nombreux adoptent de telles lois. C’est le cas de la Côte d’Ivoire qui a adopté une loi sur les défenseurs des droits humains en 2014. Dans une dizaine d’autres Etats africains, des processus d’adoption de telles lois sont en cours.

Je vous remercie de votre attention.

Me Diéne Ndiaye
Président Amnesty International Sénégal

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