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Turquie : Des célébrités se joignent aux demandes de libération des défenseurs des droits humains

12 octobre 2017

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Des célébrités de la scène ou du grand écran ont ajouté leur voix à la campagne mondiale demandant la libération immédiate et inconditionnelle du groupe de défenseurs des droits humains de renom en Turquie, cent jours après leur arrestation.

Plus de 20 artistes et célébrités, dont Zoë Kravitz, Ben Stiller, Mark Ruffalo, Whoopi Goldberg et Zach Galifianakis, ont signé une lettre envoyée par Amnesty International États-Unis à l’ambassadeur de Turquie. Ils rejoignent ainsi tout un groupe d’autres célébrités, dont Annie Lennox, Bono, Peter Gabriel, Juliette Binoche, Jane Birkin, Angélique Kidjo et Patrick Stewart, qui ont réclamé la libération des militants, dont la directrice et le président d’Amnesty International Turquie, İdil Eser et Taner Kiliç.

Dix militants ont été arrêtés le 5 juillet, tandis que le président d’Amnesty International Turquie, Taner Kılıç, avait été arrêté un mois plus tôt. Le 4 octobre, le parquet a déposé un acte d’inculpation réclamant jusqu’à 15 ans d’emprisonnement pour les 11 défenseurs des droits humains sur la base d’accusations de terrorisme absurdes et forgées de toutes pièces. Voir aussi : Turquie : Six défenseurs des droits humains, dont la directrice d’Amnesty, en détention

« Il y a cent jours, nos collègues ont été emprisonnés pour avoir défendu les droits humains. Chaque jour qui passe révèle un peu plus la portée énorme de la répression qui sévit depuis la tentative de coup d’état, ainsi que les graves failles du système judiciaire en Turquie », a déclaré John Dalhuisen, directeur du programme Europe d’Amnesty International.

« Cet acte d’accusation est un mélange toxique de sous-entendus et de mensonges qui ne résiste pas au moindre examen. Il répète des allégations ridicules et contradictoires qui n’ont pas leur place au sein de tout tribunal qui se respecte. »

Trois mois plus tard, et de manière tout à fait prévisible, l’enquête n’est pas parvenue à fournir le moindre élément de preuve à charge qui permettrait de corroborer les accusations fantasques du parquet. De même, elle n’a pas démontré que la soi-disant réunion secrète de Buyukada avait un quelconque lien avec le terrorisme.

Les militants sont accusés d’avoir aidé diverses « organisations terroristes armées » aux idéologies diamétralement opposées et ils encourent jusqu’à 15 ans de prison. Parmi les accusations qui pèsent contre eux, des allégations étranges affirment que des activités de défense des droits humains classiques, comme le fait de demander la fin de la vente de gaz lacrymogène, de déposer une demande de subvention, ou de faire campagne pour la libération de professeurs en grève de la faim, auraient été menées à la demande d’organisations terroristes.

Certaines des accusations pesant contre İdil sont basées surdes documents et des communications publiques d’Amnesty International qui datent d’avant sa nomination au sein de l’organisation.

Dans les prochains jours, des militants d’Amnesty International dans plus de 25 pays vont organiser plus de 200 fêtes et manifestations pour marquer l’anniversaire d’İdil. Ces événements iront de la fête d’anniversaire au Parlement européen à une conférence de presse dans une reconstitution de prison à Madrid. Des silhouettes en papier d’Idil à taille réelle seront présentes lors de ces événements afin de souligner son absence.

« L’interpellation des défenseurs des droits humains avait clairement pour but d’envoyer un message, pour signifier que la contestation ne saurait être tolérée. Mais le courage d’İdil Eser et de ses collègues, ainsi que le soutien qu’ils ont reçu à travers le monde ont envoyé un bien meilleur message : les voix critiques ne peuvent pas être réduites au silence », a déclaré John Dalhuisen.

« Les autorités turques doivent libérer immédiatement et inconditionnellement les défenseurs emprisonnés, et mettre fin à la répression brutale qui ravage le pays depuis la tentative de coup d’état. »

Complément d’information

Une lettre envoyée à l’ambassadeur de Turquie aux États-Unis, Serdar Kiliç, a été publiée jeudi 12 octobre. Elle est co-signée par Zoë Kravitz, Nazanin Boniadi, Don Cheadle, Marisa Tomei, Adam McKay, Paul Haggis, Joshua Malina, Fisher Stevens, Claire Danes, Ben Stiller, Whoopi Goldberg, Mike Farrell, Eva Orner, Peter Sarsgaard, Tim Roth, Kathy Najimy, Mark Ruffalo, Zach Galifianakis, Bruce Cohen, Shira Piven, Mike White, Tim Kring, et James McAvoy.

Une lettre publiée dans Libération en France avait reçu la signature de plus d’une vingtaine de célébrités.

D’autres célébrités ont tweeté leur soutien aux #Istanbul10, notamment Annie Lennox, Sir Patrick Stewart, Ken Loach et Peter Gabriel.

This needs attention : Director of Amnesty International Turkey arrested and denied access to a lawyer for 24 hours https://t.co/4E3onfWe90

— Ken Loach (@KenLoachSixteen) 7 juillet 2017

Turkey has just arrested the Director of Amnesty International. If it happened to you, she’d be fighting for your... https://t.co/UpowF4GOqC

— Annie Lennox (@AnnieLennox) 10 juillet 2017

Les 10 d’Istanbul participaient à un atelier sur le bien-être et la sécurité informatique le 5 juillet, lorsque la police a fait irruption dans le bâtiment et les a tous arrêtés. Ils ont été maintenus en détention au quartier général de la police d’Istanbul jusqu’au 18 juillet, lorsqu’ils ont été présentés à un juge suite à la demande du parquet, qui souhaitait qu’ils soient envoyés en prison dans l’attente de leur procès.

Les huit défenseurs des droits humains en détention sont İdil Eser, d’Amnesty International, Günal Kurşun, avocat à la Human Rights Agenda Association, Özlem Dalkıran, de Citizens’ Assembly, Veli Acu, de la Human Rights Agenda Association, Ali Gharavi, un consultant en stratégie informatique, Peter Steudtner, un formateur en bien-être et en non-violence, İlknur Üstün, de la Women’s Coalition, et Nalan Erkem, avocate à Citizens Assembly. Deux autres défenseurs des droits humains arrêtés en même temps ont été libérés sous caution. Il s’agit de Şeyhmus Özbekli (Rights Initiative) et de Nejat Taştan (Association for Monitoring Equal Rights).

Taner Kılıç, le président d’Amnesty International Turquie, a été arrêté le 6 juin et accusé d’être un membre de l’« organisation terroriste Fethullah Gülen », sur la base de l’allégation sans aucun fondement qu’il aurait téléchargé Bylock, une application de messagerie mobile sécurisée. Voir aussi : Turquie : Détention injuste de Taner Kiliç

Voir en ligne : https://www.amnesty.be/infos/actual...

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