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Australie : Les conclusions sur la mort d’un demandeur d’asile doivent inciter le gouvernement à agir

30 juillet 2018

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Les conclusions de l’enquête judiciaire menée par le coroner sur la mort tragique d’Hamid Khazaei, un Iranien mort en Australie en 2014 d’une infection contractée au centre de détention de l’île de Manus, sont accablantes.

« Le coroner a souligné la longue liste d’erreurs qui ont conduit à la mort d’Hamid Khazaei en 2014, à la suite de sa détention dans un centre géré par l’Australie en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le gouvernement australien ne peut ignorer les conclusions de l’enquête, selon lesquelles la mort d’Hamid aurait pu être évitée, a déclaré Kate Schuetze, spécialiste de la question des réfugiés à Amnesty International, présente au tribunal de Brisbane le 30 juillet. Voir aussi : Île de Manus : L’Australie abandonne les réfugiés

«  Le gouvernement ne fournit pas les soins adéquats et ne facilite pas les transferts médicalisés nécessaires aux réfugiés et demandeurs d’asile dont il a la charge.

« Le coroner recommande que ce système soit totalement remanié et que les soins médicaux soient comparables à ceux prodigués en Australie. Il a ajouté que des professionnels de santé formés devraient prendre les décisions relatives au transfert en fonction de l’intérêt supérieur de la personne ayant besoin de soins.

« Amnesty International salue les recommandations formulées par le coroner et invite le ministre australien de l’Intérieur Peter Dutton à les mettre en œuvre sans délai. Les conclusions du coroner démontrent une nouvelle fois que les soins médicaux prodigués dans les centres de détention hors du territoire australien sont complètement inadaptés. Aussi est-il temps que le gouvernement australien mette fin à sa politique cruelle.

«  Cinq ans et 12 morts plus tard, il doit renoncer à ce système inhumain et transférer tous les réfugiés et demandeurs d’asile détenus dans les centres hors de son territoire vers l’Australie ou un pays tiers sûr.

« Dans l’intervalle, il doit veiller à ce que toutes les personnes prises au piège dans ces centres puissent bénéficier en temps voulu de soins de qualité, notamment en facilitant, au lieu d’entraver, les transferts médicalisés d’urgence. »

Complément d’information

Depuis la mort d’Hamid Khazaei le 5 septembre 2014, 10 autres personnes sont mortes en lien avec le « traitement délocalisé » des réfugiés et demandeurs d’asile. Le coroner a également recommandé que chacun de ces décès fasse l’objet d’une enquête indépendante.

En outre, l’Australie a réduit les soins disponibles pour les personnes se trouvant dans les centres de détention hors de son territoire en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Après avoir fermé le centre régional de traitement de Lombrum en octobre 2017, l’Australie a mis fin aux services de conseil et de prise en charge des traumatismes prodigués aux réfugiés et aux demandeurs d’asile, et a transféré ces personnes dans de nouveaux centres de détention, ou l’accès aux soins de santé est restreint. Elle a ainsi causé des souffrances supplémentaires à une population déjà traumatisée.

Dans son rapport publié cette année, Amnesty International a révélé que les réfugiés et demandeurs d’asile en Papouasie-Nouvelle-Guinée attendent des mois pour obtenir un diagnostic et un traitement pour des problèmes de santé graves, comme des masses suspectes susceptibles d’être des tumeurs ou la fièvre typhoïde.

Hamid Khazaei, originaire d’Iran, se trouvait sur l’île de Manus depuis un an lorsqu’une infection a dégénéré en septicémie, en 2014. Il a été évacué vers Port Moresby, la capitale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, puis vers l’Australie, et il est décédé à l’hôpital de Brisbane.

Selon les conclusions du coroner, les antibiotiques requis pour soigner l’infection d’Hamid n’étaient pas disponibles sur l’île de Manus, il aurait dû être intubé avant son transfert à Port Moresby, l’hôpital Pacific International à l’époque n’avait pas « les compétences cliniques requises pour gérer sa situation » et des défaillances étaient à relever au niveau de la communication et de la transmission des dossiers cliniques tout au long de sa prise en charge. Si le coroner n’a pas attribué la responsabilité à une personne en particulier, il a conclu qu’une série d’erreurs a retardé l’accès d’Hamid à des soins médicaux, conduisant à sa mort, qui aurait pu être évitée.

Le coroner a noté qu’il était possible de prévenir des décès analogues en transférant les demandeurs d’asile vers d’autres lieux, comme l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, où sont prodigués de meilleurs soins de santé.

Voir en ligne : https://www.amnesty.be/infos/actual...

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