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Sommet mondial : De nouveaux engagements pour protéger les défenseur·e·s des droits humains

31 octobre 2018

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Des défenseur·e·s des droits humains des quatre coins du globe se sont réunis cette semaine à Paris à l’occasion du Sommet mondial des défenseur·e·s des droits humains, en vue d’élaborer un plan d’action en faveur de la protection et de la promotion du travail des militants et militantes qui se battent pour les droits, 20 ans après l’adoption de la première Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme de l’ONU.

Après trois jours de débats et de développement stratégique couvrant des questions régionales et internationales, les droits environnementaux et les femmes qui défendent les droits humains, ainsi que les attaques croissantes visant les défenseur·e·s partout dans le monde, cette dynamique culminera avec la présentation d’un plan d’action historique à l’ONU en décembre.

La haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies Michelle Bachelet a déclaré lors de la cérémonie d’ouverture : « Ce que les défenseur·e·s des droits humains nous apprennent, c’est que nous pouvons tous nous mobiliser pour nos droits et les droits d’autrui, dans nos quartiers, dans nos pays et partout dans le monde. Nous pouvons changer le monde.  » Voir aussi : Plus de 150 défenseur·e·s des droits humains se rassemblent pour amener du changement

Au cours du Sommet ont été débattus des demandes à l’intention des gouvernements, des entreprises, des institutions financières internationales, des donateurs et d’autres parties intéressées, visant notamment à adopter des plans d’action nationaux, appliquer les lois visant à faire respecter légalement la déclaration de l’ONU, inscrire au premier rang de la politique étrangère la protection des défenseur·e·s et accorder la priorité à la protection et aux activités des défenseures des droits humains, des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT+), des défenseur·e·s des droits des peuples autochtones et autres défenseur·e·s marginalisé·e·s.

Kumi Naidoo, secrétaire général d’Amnesty International, a déclaré : « Le niveau de danger auquel sont confrontés les militant·e·s de par le monde a atteint un point critique. Chaque jour, des citoyens ordinaires sont menacés, torturés, emprisonnés et tués en raison de leurs luttes, de leurs croyances ou simplement de leur identité. Il est temps d’agir et de se dresser contre le durcissement de la répression visant les défenseur·e·s des droits humains partout dans le monde.  »

« Le niveau de danger auquel sont confrontés les militant·e·s de par le monde a atteint un point critique. Chaque jour, des citoyens ordinaires sont menacés, torturés, emprisonnés et tués en raison de leurs luttes, de leurs croyances ou simplement de leur identité. »

La cérémonie de clôture s’est déroulée au Palais de Chaillot, à Paris, là où a été adoptée la Déclaration universelle des droits de l’homme il y a 70 ans. Les 150 défenseur·e·s se sont réunis pour élaborer le plan d’action et rendre hommage aux femmes et aux hommes qui œuvrent sans relâche à défendre les droits fondamentaux à travers le monde. Voir aussi : Cinq défenseur-e-s des droits humains dont les meurtriers sont toujours en liberté

Parmi les personnes présentes au cours des trois derniers jours figurent Alice Mogwe, secrétaire générale de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) et directrice exécutive de Ditshwanelo au Botswana ; le journaliste Matthew Caruana Galizia, lauréat du prix Pulitzer, qui réclame justice après le meurtre de sa mère, Daphne Caruana Galizia, il y a un an à Malte ; Anielle Franco, qui milite avec courage pour que justice soit rendue à sa sœur Marielle Franco, militante brésilienne et conseillère élue, assassinée dans sa voiture il y a sept mois.

Hina Jilani, présidente de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), fondatrice de la Commission des droits humains du Pakistan et première rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des défenseur·e·s des droits humains, a déclaré : « Les États ne nous laissent pas de place, c’est grâce aux défenseur·e·s des droits humains que la société civile jouit d’un espace. En vous voyant tous ici mobilisés pour la défense des droits, je ne suis pas trop pessimiste. Nous n’avons jamais été un mouvement aussi mondial. Mais nous devons être fermes face aux États et leur demander de se montrer à la hauteur et de s’exprimer en faveur des défenseurs. Les droits humains nécessitent des efforts. »

La Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme (1998)

En 1998, les gouvernements adoptaient la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme, reconnaissant ainsi leur rôle essentiel. Malgré des progrès dans certains domaines, de nombreux gouvernements ne respectent toujours pas les engagements auxquels ils ont souscrit il y a 20 ans, lors du premier Sommet, et le contexte mondial dans lequel travaillent les défenseur·e·s ne cesse de se dégrader. Les valeurs démocratiques sont menacées et la corruption systémique, les inégalités profondes et la discrimination, les fondamentalismes religieux et les politiques extrémistes sont en forte progression. Parallèlement, nous constatons une stratégie concertée visant à entraver, discréditer, voire tuer les défenseur·e·s des droits humains. En 2017, au moins 312 défenseur·e·s ont été assassinés, soit deux fois plus qu’en 2015, et dans presque tous les cas les responsables ont agi en toute impunité. Le plan d’action espère apporter une réponse à ces injustices et soutenir les défenseur·e·s des droits humains, afin de leur permettre de poursuivre leur travail essentiel dans un environnement sûr.

Voir en ligne : https://www.amnesty.be/infos/actual...

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